Indiana Teller

Forum rpg sur le thème d'Indiana Teller. Ecrit par Sophie Audouin Mamikonian.
 
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 Une nuit des plus étranges

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Laure E. Lacroix



Messages : 7
Date d'inscription : 21/04/2012

MessageSujet: Une nuit des plus étranges   Dim 15 Nov - 12:46

Une nuit des plus étranges
~ Happy Halloween ~

~ Il faisait chaud pour un mois d’octobre. Terriblement chaud. L’été s’étirait à n’en plus finir, trainant avec lui la chaleur moite d’une fin d’août. Pourtant cette nuit-là, la température chuta d’un coup, amenant avec le froid une multitude de bruits inquiétants. Craquements de branches dans les bois, gémissement du vent entre les feuilles, hurlements des Lunaris se mettant en chasse… L’hiver semblait revenir d’un coup, et apportait avec lui tout ce qui fait de cette saison la moins agréable de toutes. On se serait attendu à voir de la neige tomber tant le vent semblait alors glacial.
~ Brume frissonna. Pourquoi cette soudaine chute de température ? Il lui semblait soudainement que ses membres se gelaient tant la différence de chaleur était forte comparée à l’instant d’avant. La jument solitaire était habituée à vivre dans des contextes inhospitaliers, mais en aucun cas aux soudains changements comme celui qui venait de se produire. Son imagination s’éveilla, appuyée par la plainte lancinante qui s’éleva de plus en plus fort, sans qu’il semble y avoir une origine à ce phénomène.
~ Une bande de Vampirines apparut soudain entre les branches d’un arbre. Ce dernier sembla s’éveiller et incliner ses branches menaçantes vers elle, telles des griffes prêtes à faire couler le sang. Les Vampirines s’attaquèrent à elle, emmêlant sa belle crinière argent. Elle secoua la tête pour les faire s’éloigner, sans trop savoir quoi faire. Les Vampirines comme les Trouilles n’apparaissaient qu’une fois l’an, durant une période si courte qu’il suffisait de s’éloigner des bois où elles menaçaient les populations pour être tranquille. Mais Brume avait oublié, cette année, et elle ne savait plus comment s’en sortir. Si elle se montrait violente ou désagréable, les Vampirines lui jetteraient de, certes minuscules, mais bien efficaces, sorts.
~ Elle entendit alors, au milieu des cris des Vampirines et de leurs battements d’ailes, quelque chose de plus gros encore approcher. Elle agita la tête et les attaquantes s’écartèrent suffisamment pour qu’elle puisse voir une masse sombre approcher, occultant le peu de lumière qui perçait dans les bois. Un immense Flamiris, un des plus grands que Brume eût jamais vus approcha alors. Les Vampirines s’éloignèrent à tire d’ailes face à cet adversaire trop imposant pour elle. Celui-ci inclina son long cou pour approcher sa tête de la Destrinos, qui paraissait soudainement petite en comparaison de la bête écailleuse. Il la renifla, pendant qu’elle détaillait les belles ailes dentelées d’argent, les cornes et le poitrail blanc de celui qui décida soudainement qu’elle n’était pas à sa place ici. Elle recula de quelques pas, le Flamiris prit soudain sa respiration avant de hurler si fort que ses oreilles se mirent à siffler. Devenue presque sourde, elle fit volte-face et s’enfuit à travers les bois. Ses longues jambes allaient et venaient à toute allure, ses sabots frappaient la terre asséchée par des jours de sécheresse et le vent qui sifflait à ses oreilles lui tirait de douloureuses larmes.
~ Que se passait-il ? Les bois étaient si calmes un instant plus tôt ! Et voilà que des Vampirines et un immense Flamiris s’attaquaient à elle. Vampirines ! Elles n’étaient là qu’une fois l’an, certes, mais à Halloween ! Oh non ! Elle avait oublié que c’était la fête des morts ce soir ! Cela expliquait tout, y compris la subite baisse de température. Température qui gagna une trentaine de degrés lorsqu’un jet de flammes la rejoignit, l’enjoignant à galoper plus vite encore. Elle était dans une mauvaise passe, comme aurait dit sa mère. Mais là, c’était même une très mauvaise passe ! Il y avait peu de gens qui revenaient indemnes d’un Halloween dans les bois. Les bois étaient hospitaliers tout le jour durant, désagréables la nuit et invivables à Halloween. Que faire ? Pour le moment, continuer à galoper semblait la seule option. De plus, les témoignages soutenaient que quitter la forêt la nuit d’Halloween était tout simplement impossible. Les bois s’étiraient pour contenir captif le malheureux qui avait commis l’erreur de s’y perdre.
~ Elle était affolée et elle sentait une douleur dans sa cuisse monter. Si elle ne s’arrêtait pas, elle allait avoir une crampe. Elle tourna la tête, devina qu’elle était devenue officiellement la proie du Flamiris quand elle vit un œil gourmand la juger des sabots au bout des oreilles. Elle ne pouvait pas cesser de galoper. La chance serait visiblement sa seule amie.
~ Une amie qui fit un effort pour elle lorsqu’une grotte se dessina entre les rangées de troncs. Le Flamiris avait un défaut. Il était trop gros pour y rentrer alors qu’elle y galoperait sans peine. Aussitôt, elle se précipita. Elle poursuivit sur quelques dizaines de mètres avant de ralentir le pas. Immédiatement sa cuisse se manifesta et elle étendit précipitamment la jambe pour soulager la douleur. Un jet de flammes entra soudainement dans la caverne, illuminant les Vampirines qui y dormaient paisiblement. Bon point, il ne l’atteignit pas, elle ne fit que sentir la chaleur qui s’en dégageait. Mauvais point, cela réveilla les cruelles petites créatures. Brume fit volte-face et se remit à galoper vers le fond de la caverne. Elle tentait d’aller aussi vite que possible sans blesser sa jambe douloureuse, une tache quelque peu compliquée. De plus, elle ignorait où aller.
~ Un embranchement apparut, qu’elle visualisait difficilement grâce à de la mousse phosphorescente sur les parois. En effet, sans la flamme du Flamiris, tout semblait sombre. Et elle avait un choix à faire. Rapidement. Elle n’avait aucune idée duquel serait le meilleur alors elle s’engouffra dans le plus large des deux. Au moins, elle aurait la place de tenter d’échapper aux attaques des Vampirines qui commençaient à la rattraper, griffant sa croupe et tirant sur ses crins. Les yeux révulsés par la peur et l’inquiétude de ce qui pouvait encore arriver, elle accéléra le train. Les parois de pierre défilaient de chaque côté, les arrêtes tranchantes luisaient faiblement comme une menace supplémentaire qui pouvait l’atteindre si elle faisait le moindre faux pas. Cependant, la déesse de la chance l’aida à nouveau lorsque le passage s’éclaira légèrement de la lumière de la lune, annonçant une sortie.
~ Elle déboula à fond de train à l’air libre et s’engouffra entre les troncs auxquels s’attachait une épaisse brume. Certes, elle avait son nom, mais elle ne possédait pas la capacité de voir à travers. Cependant, sa robe s’y fondait à merveille et le flot d’attaquantes se tarit rapidement. Bientôt, elles n’étaient qu’une dizaine à s’acharner sur elle. Et la chance l’abandonna. Le muscle de sa cuisse se tordit soudainement sous l’effort et elle s’écroula, roulant au sol. Elle se blessa à l’épaule en heurtant un arbre que la brume lui avait masqué jusqu’au dernier moment. Deux blessures qui l’empêchaient de se relever. Elle tenta de rouler sur elle-même, parvenant à assommer deux Vampirines avec ses sabots frappant dans l’air. Cependant les autres évitaient les coups avec agilité et faisaient pleuvoir sur elle les coups de griffe et de crocs. Sa belle robe argent fut vite maculée de blessures et de traces de sang. Elle n’était plus dans une mauvaise passe là, elle avait tout simplement peu de chances d’en réchapper.
~ Les Vampirines, excitées par la flamme vive qui les avait éveillées et les coups qu’elle avait tenté de donner s’attaquaient à elle avec une vivacité redoublée. Elle se sentait si faible. La douleur la gardait éveillée mais le flot écarlate qui rougissait ses flancs rendait chaque instant ses coups plus faibles et fermait ses paupières. Une irrésistible torpeur commençait à s’emparer d’elle et, bientôt, ses sabots ne s’agitèrent plus qu’inutilement dans les airs. Dans un dernier effort, elle ramena ses jambes sous elle et tenta de se relever. Une tentative inefficace puisqu’elle retomba très vite. Elle n’avait plus d’énergie. Elle ne bougeait plus, ne luttant que contre la douleur et la tentation de fermer définitivement les yeux. Mais elle ne pouvait pas ! Elle ne devait pas ! Sinon, elle mourrait.
~ Une forme floue apparut, s’emparant d’une Vampirine. Une autre s’attaqua à une deuxième et rapidement, les créatures volantes furent plaquées au sol. Brume se fit violence pour voir nettement ses sauveurs. Et réalisa qu’ils n’en étaient probablement pas. Les crocs aiguisés qui s’attaquaient à ses ennemies appartenaient effectivement à des Lunaris. Une Vampirine parvint à se dégager de l’étreinte mortelle et en profita pour lancer un sort. Son attaquant, subitement dérouté leva la tête vers la lune et s’assit, comme hypnotisé par sa vague lueur qui illuminait difficilement la scène. La Vampirine en profita pour s’enfuir à tire-d’aile, dans un claquement sonore. Elle parvint à libérer quelques compagnes et bientôt, il n’y eut dans les bois qu’une jument à demi morte, une meute de Lunaris qui dardaient sur elle un regard intéressé et les dernières Vampirines, hors d’état de nuire.
~ Comment était-ce possible qu’elle ne parvienne à se sortir d’une situation que pour se replonger dans une pire encore ? Les bêtes aux pelages luisants se déplacèrent sans le moindre bruit pour l’entourer. Elle allait mourir. Elle préférait cependant cette mort, plus noble et utile que si elle avait été achevée par les Vampirines. Faible consolation à laquelle elle s’accrochait en désespoir de cause. La fatigue s’emparait d’elle et elle n’avait plus la force et le courage de lui résister, dans une telle situation.
~ Ses yeux se fermèrent.
~ Elle ne vit pas les Lunaris se jeter sur elle, affamés. Elle ne vit pas les gueules s’ouvrirent sur ces crocs acérés, les griffes aiguisées tendre vers ses chairs et les regards étincelants. Pas plus qu’elle ne vit un Deereindir aussi lumineux que le soleil s’interposer au dernier moment, se dressant sur ses pattes arrières et battant des sabots pour la protéger et mettre en déroute le carnivore, qui ne renonça pas pour autant. Mais lorsque le reste de la harde suivit, sautant sur les Lunaris, les projetant de leurs ruades ou les blessant d’un coup de dents, ils commencèrent à céder. Les Deereindirs étaient plus nombreux et ils durent abandonner leur proie, qui leur avait donné si peu de peine et qui semblait si délicieuse. Hurlant une dernière fois, ils s’enfuirent et la brume se referma derrière eux.
~ Hésitants, les maîtres des bois s’approchèrent de la jument et la poussèrent du bout du museau. Mais elle était inconsciente. S’y prenant à plusieurs, à l’aide de leurs bois et de leurs sabots, ils parvinrent difficilement à la hisser sur le dos du Deereindir doré qui lui avait sauvé la vie et ils disparurent dans la brume. Brume était sauvée.
~ Elle allait survivre à cette horrible nuit d’Halloween.

~ Ombre
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